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27 May 2015 | Philippe Dumas
Le vote du Canada à la Conférence du TNP de 2015

Paru dans Canada/Monde
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Le 22 mai dernier, la Conférence des Parties chargées d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2015 s’est terminée en queue de poisson par l’absence de consensus à la suite de près d’un mois de délibérations. La résolution censée faire adopter le document final de la conférence a été bloquée en fin de soirée par le concours des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada.

Loin de remettre en question l’importance d’une mise à jour du fonctionnement du TNP, les trois pays ont refusé d’une manière ou d’une autre l’approche proposée par le document qui fixait une conférence sur le désarmement nucléaire au Moyen-Orient d’ici mai 2016. Le dénominateur commun est, pour plusieurs, fort simple : Israël.

En effet, le premier ministre israélien lui-même, Benyamin Netanyahou, a officiellement remercié les trois pays pour avoir bloqué cette résolution. Faits importants, l’État d’Israël n’est pas signataire du TNP et n’a jamais reconnu publiquement son programme d’armements nucléaires. Ainsi, Israël aurait été dans une position délicate, voire contraignante si le document original avait été adopté.

Or, les motivations avancées par les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada à l’égard du TNP sont différentes.

Pour le cas du Canada, son vote s’explique selon les éléments suivants : l’importance de la relation avec ses alliés, une remise en cause par le gouvernement actuel des capacités de l’ONU à résoudre les conflits ainsi que sa volonté affichée de se rapprocher d’Israël non sans subir lui-même la critique des autres nations.

Seul le Canada évoque directement ses alliés (les États-Unis et le Royaume-Uni) et les préoccupations d’Israël pour justifier sa décision. Celle-ci s’articule autour de logiques différentes et qui sont, pour le cas présent, non-concurrentes. Autrement dit, le Canada a voté sans nuire à la relation avec ses alliés, d’une part, et d’autre part, sans remettre en question la vision articulée par le gouvernement conservateur à travers sa politique étrangère.

Pour la question entourant le traitement de l’ONU par le gouvernement conservateur, il a d’abord été établi que c’est sous le gouvernement Martin que le Canada a commencé à revoir sa position sur les résolutions touchant le conflit israélo-palestinien au Conseil des droits de l’homme. Cependant, le vote à la conférence sur le TPN s’inscrit dans une remise en question du fonctionnement de l’appareil onusien, spécialement vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Cette remise en question est empreinte d’un certain paradoxe étant donné que le Canada a l’habitude d’utiliser l’ONU comme l’un de ses outils principaux pour mettre en œuvre sa politique étrangère. Ce vote confirme aussi une autre tendance : le parti-pris du Canada de plus en plus clair envers Israël.

Sous Stephen Harper, le Canada n’a pas changé radicalement sa politique sur les aspects clés du conflit israélo-palestinien. Le changement dans la position du Canada est essentiellement au plan rhétorique. Traditionnellement, le Canada a toujours été relativement proche d’Israël. Cependant, les déclarations au cours des dernières années, dont celles lors des affrontements entre Israël et le Hamas à l’été 2014, exposent un positionnement pro-israélien.

De plus, le gouvernement Harper a multiplié ses efforts pour renforcer un partenariat stratégique avec Israël depuis 2008. Il est pour l’instant difficile de connaître les effets d’un tel partenariat. Dans une autre perspective, l’absence de budgets importants nous indiquerait que les possibilités de changer en profondeur la politique étrangère canadienne restent une fois de plus limitées par différentes contraintes. L’objectif du gouvernement de transformer cette politique serait par conséquent pensé dans une perspective à long terme.

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