20 April 2015 | Félix de la Poterie-Sienicki
Sécurité publique : semaine chargée au Parlement fédéral


Le ministre des Finances, Joe Oliver, était disponible pour une séance de photos prébudgétaire dans les locaux de The Shoe Company, à Toronto, le lundi 20 avril 2015.
Photo : Chris Young / Finance Canada
Le ministre des Finances, Joe Oliver, était disponible pour une séance de photos prébudgétaire dans les locaux de The Shoe Company, à Toronto, le lundi 20 avril 2015. Photo : Chris Young / Finance Canada

Une semaine chargée s’annonce au Parlement fédéral ,alors que sera déposé mardi le budget pour l’année 2015. De plus, le vote final concernant le projet de loi C-51 approche à grands pas.

Selon plusieurs, le budget sera caractérisé par une augmentation des dépenses en matière de sécurité – la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ,le Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) ainsi que l’Agence des services frontaliers (ASFC) devraient voir leur financement respectif augmenter.  L’augmentation prévue serait justifiée notamment par les récents évènements à Saint-Jean-sur-Richelieu, ainsi qu’à Ottawa. Aussi, la situation instable au Moyen-Orient et la radicalisation auraient ,selon le gouvernement, raison d’une hausse du financement des principales organisations responsables de la sécurité publique au pays.

Alors que les éléctions fédérales vont avoir lieu dans moins de 6 mois, le budget 2015 sera très probablement un indicateur des priorités que le gouvernement de Stephen Harper désire mettre de l’avant au cours de la prochaine campagne électorale. Si les spéculations s’avèrent vraies, nous pouvons nous attendre à ce que les questions de sécurité publique, de terrorisme et de radicalisation y prennent une place importante.

L’augmentation des ressources allouées est directement reliée au projet de loi C-51, communément appelé projet de loi anti-terroriste. En effet, le projet sera présenté sous peu pour une dernière lecture et un vote à la Chambre des communes. Les trois principaux partis politiques se sont positionnés, le Parti libéral du Canada ayant décidé d’y apporter son appui, alors que le Nouveau parti démocratique s’y opposera. D’aucuns décrient la portée trop large du projet de loi, brimant les libertés individuelles des citoyens canadiens. Plusieurs rassemblements se sont d’ailleurs déroulés au cours des derniers mois pour dénoncer la proposition gouvernementale.

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17 February 2015 | Félix de la Poterie-Sienicki
Opération IMPACT : Les estimations budgétaires divergent


Deux CF18 Hornet s'apprêtent à reprendre leurs activités après avoir été ravitaillés par un CC150 Polaris pendant l’opération Impact, le 4 février 2015.

Photo : Caméra de combat des Forces canadiennes, MDN
Deux CF18 Hornet s'apprêtent à reprendre leurs activités après avoir été ravitaillés par un CC150 Polaris pendant l’opération Impact, le 4 février 2015. Photo : Caméra de combat des Forces canadiennes, MDN

La publication du rapport du directeur parlementaire du budget (DPB) Jean-Denis Fréchette, le lendemain d’une annonce faite par le Ministre de la Défense Jason Kenney, soulève des différences importantes en ce qui concerne l’évaluation des coûts de l’Opération IMPACT. L’Opération IMPACT désigne la mission de soutien des Forces armées canadiennes à la coalition multinationale contre le groupe armé État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Depuis le début des frappes aériennes effectuées principalement au nord de l’Irak par les Forces armées canadiennes le 30 octobre 2014, les questionnements des analystes et parlementaires se font de plus en plus entendre, particulièrement par rapport aux coûts engendrés par l’opération.

Le dépôt du rapport s’inscrit dans cette optique, puisque ce sont deux députés fédéraux, Jack Harris (NPD) et Joyce Murray (PLC), qui ont demandé la préparation d’un compte-rendu officiel.

Selon le DPB, l’obtention d’informations a été particulièrement difficile dans le cas présent :

« Une grande partie de l’incertitude des estimations des coûts de l’opération IMPACT découle du fait que le Ministère a retenu des informations […] la majorité des demandes de renseignements n’ont pas été satisfaites. »

Cette même source affirme que les coûts de l’intervention se situent entre 19 et 31 millions de dollars par mois – soit près de 129 à 166 millions de dollars pour la période d’action autorisée de 6 mois. Dans le cas d’un prolongement de l’opération d’une période équivalente, les coûts doubleraient.

D’après le ministre Kenney, les montants en date du 16 février se situeraient plutôt aux alentours de 122 millions de dollars – bien que cette estimation ne tienne pas compte de certaines dépenses de transport d’armes et de munitions et qu’elle ignore les dépenses faites au mois de septembre 2014 lorsque le premier déploiement des Forces spéciales est arrivé dans la région du Golfe Persique.

Le gouvernement australien de Tony Abbott – ayant envoyé des effectifs semblables en Irak – estime quant à lui les coûts de la mission (Operation OKRA) à près de 500 millions de dollars par année.

Par ailleurs, un récent sondage Ipsos Reid/Radio-Canada indique que près de 71% des canadiens désirent que le Canada poursuive l’opération IMPACT, malgré les coûts incertains.

Les récents développements en la matière, notamment la demande au Congrès américain du président Obama d’autoriser des opérations militaires sur une période de trois ans, peuvent laisser présager un prolongement de la mission canadienne contre l’EIIL.

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